Archive for novembre, 2008

Thanksgiving, jour J.

Bon, voilà, j’ai enfin un peu de temps pour vous raconter mon Thanksgiving. Je vous préviens tout de suite, ça va être long…

Jeudi : Thanksgiving Day.

Les amis de Miroslav et Divna, Lou (serbe) et Lucia (italienne), ainsi que leurs 2 enfants, Marco (13 ans) et Martina (10 ans), sont arrivés tard dans la soirée de New York. Je leur ai rapidement souhaité la bienvenue puis je me suis enfuie dans ma chambre où m’attendais mon lit douillet.

Le lendemain matin, je me suis réveillée « assez tôt » parce que je ne voulais pas passer ma matinée à dormir. Je voulais participer à la vie à la maison, être avec les invités, bref, ne pas faire mon autiste. A 9h15 (oui, c’est « assez tôt » pour moi), après une bonne douche, je suis donc descendue à la cuisine où les adultes n’avaient pas encore pris leur petit déjeuner. Je les ai donc rejoint et ai pu faire vraiment connaissance avec Lou et Lucia. Des personnes vraiment sympathiques avec qui je me suis bien entendue tout de suite. Après ça, Divna s’est mise à la préparation de sa dinde et avec Lucia on avait interdiction de l’aider. On s’est donc installées à la table de la cuisine et nous avons discuté pendant près de 3 heures toutes les trois. Par moment, Miroslav et Lou nous rejoignaient, nous préparaient des apéritifs, j’ai même goûté ma première Margarita. Mais que ceux qui me connaissent se rassurent : non, je n’aime toujours pas l’alcool, c’était une Virgin Margarita, donc sans Tequila. Mais j’ai bien aimé le gout de limonade :-)

Vers 16heures, on est passé à table. Au menu : dinde (of course), patates douces, chou-fleur, farce pour la dinde, sauce blanche et sauce de canneberge (cranberry). Mis à part les patates douces qui étaient franchement trop douces pour moi, je me suis régalée. Avant de commencer à manger, Lou a insisté pour faire un « merci seigneur » ou peu importe comment on appelle ça. Etant athée, j’ai bien sûre été un peu gênée, mais il a fait quelque chose d’assez soft et a surtout remercié Divna et Miroslav pour leur invitation. Pendant le « dinch » (mélange entre lunch et dinner), on a parlé de tout et de rien, de politique surtout (en Italie, en France, aux USA, en Serbie), d’histoire, de paysages, de voyages…

Après ce bon repas, les enfants ont filé en 4ème vitesse vers le basement (où ils ont passé le plus clair de leur temps, pour notre plus grand plaisir) et les adultes et moi-même nous sommes dirigés vers la pièce où se trouve la cheminée. Premier feu de la saison. Miroslav, Divna, Lou et Lucia se sont allumé quelques cigarettes. Aucun d’entre eux ne fume, mais c’est leur petit plaisir lors des fêtes : se fumer des cigarettes chics. Là on a discuté de tout et de rien, et ils m’ont tous inclus dans leur conversation, ce qui m’a fait très plaisir. Cookie (le chat) a également fait la rencontre pacifique de Gorgio (le chien des invités), après un premier contact la veille qui s’est mal fini. Cookie dans les bras de Divna et Gorgio sous mon contrôle, tout s’est bien passé, même si Cookie a passé le reste de la soirée à regarder le chien de haut, l’air de dire « je suis toujours le boss ici, t’es sur mon territoire coco, donc fais gaffe à tes fesses »

Après deux ou trois heures de digestion, Divna nous a proposé le dessert, une tarte à la citrouille (ou au potiron, je suis pas bien sûre, enfin bref, une pumpkin pie). C’est bon mais je suis pas fan. On a continué à discuter pendant un bon moment, et vers la fin de soirée le débat est devenu plus animé. En effet, je ne sais plus comment on en est arrivé là, mais Lucia a fini par dire qu’elle avait voté pour Hilary Clinton aux primaires. Et là, Miroslav s’est vraiment emporté, disant qu’elle ne pouvait être sérieuse, qu’elle n’avait pas voté pour cette « bitch ». Je comprenais pas trop pourquoi il s’énervait comme ça, jusqu’à ce qu’il dise qu’il détestait cette femme autant que son mari. Et c’est quand il a dit : « Ma mère se cachait dans sa cave en Serbie pour échapper aux bombes pendant que ce c*nnard se tapait sa secrétaire !! » que j’ai fini par comprendre. Bill Clinton a en effet pris la décision de bombarder la Serbie pendant les conflits en Yougoslavie. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre. Du coup, et c’est normal, Miroslav déteste cet homme qui a détruit son pays et tué ses compatriotes, et déteste aussi sa femme.

Mais quand je dis « déteste », c’est un euphémisme. Je n’avais jamais vu Miroslav comme ça, disant que « ces gens sont morts pour moi », « le jour où ils mourront j’irais ch*er sur leur tombe », « si je les croise je leur crache à la figure ». Il utilisait des « suck my ass » et des « fuck them » à toutes les phrases, on sentait la haine qu’il éprouvait pour ces gens. C’est à ce moment là, au plus fort du débat animé, que j’ai décidé d’aller me coucher.

Mais avant d’aller me coucher, je me suis fait une réflexion qui a mis mon moral au beau fixe : durant ces heures entières de discussion, je ne me suis pas dit une seule fois « qu’est-ce qu’il raconte ? » ou « qu’est-ce que ça veut dire ? ». J’ai été capable de tout comprendre, chaque mot de chaque phrase. Et je crois que seules les personnes qui ont vécu dans un pays étranger assez longtemps peuvent comprendre ce qu’on ressent à ce moment là : de la fierté et le sentiment que maintenant on peut tout faire, tout avoir, que la barrière de la langue vient de sauter. Vous, aupairs, vous me comprenez, n’est-ce pas ? :-)

J’ai également reçu des compliments qui m’ont fait plaisir, comme un “ton anglais est vraiment bon” de la part de Lou et un “ton accent est tout sauf français, c’est bizarre” de la part de Lucia. Donc oui, en effet, c’est bizarre… Mais du coup je peux barrer encore une chose de ma liste de 80 choses :-)

Photo 1: La table toute prête
Photo 2: les adultes réunis au salon pour discuter, fumer et boire.
Photo 3: Moi super happy.

Stay tuned!

Prochainement, sur rion.un.peu :

Marion vient de passer son premier Thanksgiving et s’en est sortie sans aucune égratignures. Les amis de NY de la host family sont sympas, surtout la femme avec qui Marion a beaucoup parlé. Le dîner était bon si on met de côté les patates douces. On n’a pas vu les enfants de la journée, et ça c’était le pied. Même si Marion est “off” jusqu’à dimanche. Toute la journée, les adultes ont beaucoup parlé et Marion a tout compris, elle a même parlé aussi. Et à la fin, elle a assisté à une conversation trèèèès animée.

Quelques extraits de cette conversation :

“When those guys will die, I gonna shit on their grave !” *

” If I see them, I gonna split on their face”.

“Raaaah ! Fuck them!”

“They are dead for me !!”

 

De la poésie et de l’amour, de l’ivresse et de la nourriture, des cris et des pleurs, c’est à suivre demain, après le match de football américain. Ou plus tard dans la journée. Ou pas avant samedi. Enfin, un jour.

 

* “Quand ces gens mourriront, j’irais chi*r sur leur tombe !”

” Si je les vois, je leur crache à la figure !”

“Raaah… Qu’ils aillent se faire f***** ! ”

” Ils sont morts pour moi !! “

Mon beau sapiiiiiiin…

 

 

Chers lecteurs,

Je vous assures que vous aurez bientôt à faire à un vrai article sur ma vie ici. Mais aujourd’hui je voudrais vous parler de quelque chose :

Demain, ici, ce sera Thanksgiving. L’occasion de dire merci pour toutes les choses que l’on a. Mais quand on pense à ce qu’on a, il faut aussi penser à ce que d’autres n’ont pas.

Dans un mois, ce sera Noël. Et malheureusement, en France comme ailleurs, de (trop) nombreux enfants n’auront pas de cadeaux sous le sapin (d’ailleurs, auront-ils seulement un sapin?)

Si vous aussi ça vous fend le coeur, vous pouvez faire un geste.

Je vous ai déjà dit que j’aimais les blogs BD. Une illustratrice que beaucoup doivent connaitre, Pénélope Jolicoeur, a lancé il y a tout juste quelques jours un site internet sur lequel des auteurs de blog BD poste un dessin original. Ce site, appelé “Mon beau sapin“, est sponsorisé par Orange et permet de verser de l’argent à la Croix Rouge Française dans le cadre de l’opération “Arbre de Noël”. Par la simple fréquentation du site, Orange fait des comptes et verse de l’argent à la Croix Rouge. Rien à payer pour le lecteur.

Pénélope avait fait le pari d’avoir 100 000 visiteurs uniques d’ici un mois. Une semaine seulement après le lancement, l’objectif est déjà atteint, à la surprise de l’auteur, et 15 000€ vont être offert à la Croix Rouge par Orange.

L’objectif étant atteint, le site n’apportera plus rien, d’après ce que j’ai compris. Toutefois, vous pouvez toujours faire des micro-dons à la Croix Rouge. En effet, comme le dit Pénélope, 1€ c’est pas grand chose quand on y pense. On peut même se dire que ça ne vaut pas le coup de donner seulement 1€… Mais si 100 000 personnes donnent “juste” 1€, le calcul est vite fait.

Je vous invite donc à aller sur le site Mon Beau Sapin, qui vaut le détour grâce au dessins, et éventuellement faire un micro don à la Croix Rouge. Un formulaire de don a été créé spécialement pour le site, pour permettre les mini-dons, au lieu du formulaire normal qui nécessite de donner au minimum 12€. Ce formulaire est accessible par le site.

 

1€, c’est rien, mais ça peut changer le Noël d’un enfant.

 

Merci pour eux.

Tout à une fin…

Non, non, ne paniquez pas : le titre ne veut pas dire que j’arrêtes l’aventure aupair, ni même ce blog.

Mais il y a plus de 2 ans, 1001 jours exactement, j’ai commencé une liste, sur un autre blog. Cette liste s’appelait 101 choses en 1001 jours. Je l’ai commencé le 26 Février 2006, elle devait donc se finir le 23 Novembre 2008.

Nous sommes le 23 Novembre 2008 (en tout cas, ici, on l’est encore), il est donc temps pour moi de clôturer cette liste. Comme je voulais un enterrement en bonne et due forme, je le fais ici, et non sur l’autre blog qui n’est plus lu par personne puisque plus mis à jour.

1001 jours, ça parait énorme, mais en fait ça passe vite. Je n’ai pas fini toute ma liste, il me reste 21 choses à faire. Ce qui veut aussi dire que j’ai réalisé 80 choses, et ça c’est pas rien. J’aurais pu en faire plus sans trop me forcer, mais le temps m’a un peu pris de court.

Alors au revoir petite liste, et merci de m’avoir permis de faire des choses qui semblaient impossibles :-)

 

PS : promis, ce blog reviendra très vite au sujet principal, ma vie d’aupair.

Dr. Jekyll & Mr. Hyde

* Cet article n’a pas grand chose à voir avec l’aventure aupair, je m’en excuse, vous pouvez passer votre chemin si vous voulez *

 

En ce moment dans ma tête, c’est un binns pas possible. Je me la joue schyzophrène, à avoir deux sentiments bien différents qui se battent en duel dans mes pensées.

D’un côté, je suis heureuse. C’est vrai, je me sens heureuse, je vis. Bon, n’allez pas croire qu’avant j’étais dépressive (…*soupir*…) mais, je ne sais pas comment expliquer, ici je me sens bien. Je profite de chaque instant même si, comme me l’a dit mon père, je n’ai pour le moment rien fait de bien extraordinaire. Oui, mais comme je lui ai répondu, ce que je fais ici a un autre gout, une autre allure, juste parce que ça se passe aux Etats-Unis. Un cinéma, un resto, une ballade à pieds prennent une toute autre dimension et je savoure chaque moment. Je me dis que j’ai une chance énorme d’être arrivée jusqu’ici, d’avoir trouvé une bonne famille d’accueil, je suis en contact régulièrement avec mes parents et ça a l’air d’être comme avant (parce que j’ai lu des témoignages d’aupair pour qui l’éloignement fut fatal à la relation parents-enfants). Ideal, je sais.

Mais de l’autre côté, je suis effrayée par ce qui m’attend après cette parenthèse d’un an. J’ai toujours été paniquée par l’avenir parce que le mien n’a jamais été très clair. Je n’ai jamais réussi à dire avec certitude que je ferais ci ou ça plus tard. Quand je vois ma cousine, Mathilde/Mathylde (je sais pas comment tu l’écris maintenant :-) ) qui sait depuis longtemps qu’elle veut travailler avec les enfants et qui bosse dans un centre aéré ou je ne sais quoi, ce qui confirme qu’elle est sur la bonne voie, je suis jalouse. Je suis jalouse parce que moi, chaque fois que j’ai cru avoir trouvé ma voie, je me suis planté ou j’ai changé d’avis. Et aujourd’hui je suis pomée. Et effrayée. Stupide, je sais.

Je sais que je n’ai que 19 ans, que j’ai toute la vie devant moi, que je ne devrais pas m’en faire pour l’avenir et que je devrais vivre le moment présent. J’essaye, mais c’est plus fort que moi… Idiot, je sais.

J’ai dit dans un précédent article que je réfléchissais à embrasser la carrière de professeur de français à l’étranger. Cette idée fait son chemin dans ma tête, mais elle laisse au passage de nombreuses zones d’ombres, des incertitudes et des craintes. Parce que ce métier n’est pas stable, parce qu’on est mal payé, parce que de retour en France, même après 30 ans de carrière, le parcours effectué n’a aucune valeur aux yeux des professionnels qui préfèreront un jeune sorti de l’école et sans expérience à quelqu’un dont l’expérience, même très bonne, s’est faite à l’étranger. Absurde, je sais.

Mais surtout, mes craintes sont dûes aux études. Personne, je crois, n’aurait pu prévoir que je sois aussi effrayée à l’idée de faire des études. Pas même moi. En effet, même si j’étais pas une élève modèle au lycée mon niveau était correct, et j’ai eu d’excellentes notes au baccalauréat, à la surprise générale. Toute ma scolarité s’est passée sans anicroche et étudier ne me faisait alors pas peur. Etrange, je sais.

Je ne sais pas si ma première expérience ratée à la fac pendant quelques mois, l’an dernier, est la cause de cette ”peur”. 
Ou si au contraire c’est cette “peur” qui a planté ma première année de fac… Confus, je sais.

Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, lorsque je pense aux études, aussi courtes soient-elles, j’en ai une boule dans le ventre et j’en viens même à pleurer. Ridicule, je sais.

C’est une peur totalement irraisonnée que je n’arrive pas à contrôler. Mais il va bien falloir que je la surmonte, cette peur, si je veux pas finir caissière à Intermarché. Mon papounet m’a parlé d’une solution que j’avais déjà envisagé avant de la jeter aux oubliettes : les études par correspondance. Mais là, il suffit que je regarde la vérité en face : je suis incapable de travailler si je suis chez moi, ou si je n’ai pas un planning très clair à respecter. Et pour peu qu’un ordinateur soit dans la salle et je suis fichue. Pas de bol, les études par correspondance se font grâce aux ordinateurs. Compliqué, je sais.

Donc aujourd’hui encore, lorsque j’ai eu quelques minutes pour penser, mon cerveau a divagué vers ces pensées. Et pendant que je faisais la vaisselle j’ai senti cette boule dans mon ventre et ma gorge se serrer. C’est pour ça que j’ai décidé d’écrire cet article, parce que souvent mettre les choses par écrit m’aide à les analyser, à les digérer, à les effacer. C’est censé m’aider à résoudre mes problèmes. Celui-là a-t-il une solution ? Probablement, je sais…


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