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C’est quoi ce bourdonnement ? – On appelle ça le silence.

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Entrée en scène des Jonas Brothers. Je vous conseille de baisser le son de vos enceintes. Et avancez aux alentours de 1′50 pour les voir arriver et faire exploser votre carte son. Et oui, aux alentours de 2′55, c’est bien Mici qui crie comme ça …

Hier soir, je suis allée au concert des Jonas Brothers. C’était une mission suicide, je le sais bien. Mais c’était pour la bonne cause, puisque c’était mon cadeau d’anniversaire à Mici pour ses 11 ans.

Elle n’avait pas l’air particulièrement excitée, au premier abord, et du coup j’étais un peu déçue. Mais pendant le concert, y’avait qu’à regarder sa tête pour voir qu’elle était aux anges.

Y’a pas grand chose à dire sur le concert. On a eu droit à 3 premières parties : Honor Society, Wonder Girls et Jordan Sparks. Durant ces 3 concerts, les filles criaient déjà pas mal. A moins d’être déjà allée à un concert de boys band où la majorité des spectateurs sont des filles dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 14 ans, vous ne pouvez pas comprendre.

Quand les lumières se sont éteintes juste avant l’entrée en scène des Jonas Brothers, j’ai cru que mes tympans allaient exploser. Je n’arrive même pas à croire qu’une voix de jeune fille puisse aller si haut dans les aiguës. Un pas énorme pour la science.

Et alors quand les JB sont enfin apparus, c’était l’hystérie. Le paradis des décibels, l’enfer des oreilles. Je n’exagère pas quand je dis que mes tympans vibraient sous les cris des filles. Et quand ils ne vibraient pas, ils brûlaient à cause de la voix franchement pas top de Nick Jonas, le plus jeune des 3. J’aime pas du tout comme il chante, ça se voit qu’il a pas de voix, et pis il fait toujours la tronche, t’as l’impression qu’il est soit constipé, soit qu’on l’a forcé à monter sur scène. Punaise mec, t’as devant toi 15 000 personnes, les filles crient ton nom suivi d’un “I LOVE YOUUUUUUUUUUUUUUU”, tu te fais des millions en chantant aussi bien que mon frère sous la douche, alors souris, je sais pas, fais un effort…

Mais à part ça, je me suis bien amusée. Si, c’est vrai. J’ai (presque) pas honte de le dire. Les JB ont la pêche sur scène (hormis Nick, donc, même s’il a fait 2-3 cabrioles plutôt impressionnantes), tu vois qu’ils s’éclatent, ils ont des moyens assez énormes digne d’un concert d’adieu de Johnny Haliday (je sais pas comment on écrit son nom, et j’ai la flemme de vérifier sur Google, donc flûte!). Je me suis laissée entrainer plusieurs fois par la musique, je dansais avec Mici, et j’ai même crié de temps en temps. Enfin, crié “whouhou”, pas “hiiiiiiiiiiiiiii”. Ouais, non, j’ai un honneur à préserver.

Le concert a duré en tout 3h30, dont 2 heures pour les JB. A la fin, on a attendu un peu que la foule s’en aille, et le silence était vraiment bizarre. J’avais un espèce de voile sur les oreilles qui m’empêchait d’entendre correctement. On a fait une escale par un stand, parce que Mici voulait un souvenir, et qu’en tant que bonne aupair, je lui ai acheté un T-Shirt. Elle m’a remercié un million de fois pour ça (en même temps, à $35 le T-shirt, elle peut me remercier!)

Puis on a attendu en face d’un bus, parce que j’avais entendu un gars dire “Ils arrivent bientôt”. Et que le bus était tout décoré par les fans. On pensait donc qu’on pourrait voir les JB. On a attendu 20 minutes, puis on est parties. Il parait que le-dit bus était celui du staff.

Bref, j’ai passé une bonne soirée, pour de vrai. Et j’étais ravie de voir que Mici s’amusait bien aussi. C’était son premier concert, donc j’espère qu’elle s’en souviendra un petit moment. Aujourd’hui, Miroslav m’a remercié de lui avoir offert ces tickets, il a dit que c’était vraiment très gentil de ma part. Et aussi stupide que ça puisse être, j’espère que, grâce à ce concert, Mici se souviendra un peu plus longtemps de moi. C’est l’angoisse de chaque aupair, après tout : que les enfants nous oublient trop vite.

Sinon, dans le reste de l’actualité, j’ai acheté aujourd’hui une nouvelle valise de cabine, plus grande que l’ancienne, ainsi qu’un nouveau sac à dos, également plus grand que l’ancien. Avec ces deux nouveaux sacs, qui remplaceront les deux anciens, je n’ai plus aucun problème de valise. Je suis un génie, mais chuuut, faut pas le dire ! Je m’en sortirais donc avec 2 valises en soute, une valise en cabine et un sac à dos. Mouhahaha !

Je doute qu’une année puisse être meilleure que celle-ci…

Samedi, avec Gabriela et Juan, nous sommes allés faire du rafting. Juan, c’est ce gars que Gabriela a rencontré le 4 juillet. La décision d’aller faire du rafting s’est prise la veille, parce que je suis à court de temps et que du coup je fais tout dans l’urgence.

Samedi matin, levée de bonne heure (5 heures, glups), pour aller chercher Gabriela chez elle. Au passage, je m’arrête chez Giant Eagle (ouvert 24/7) pour acheter des pellicules pour mon appareil photo waterproof. A 6h15, je suis en face de chez Gabriela, elle monte dans la voiture, je met le contact… et on reste sur le carreau. Je réessaye. La voiture toussote, et rend l’âme. Il est 6h20, et avec Gabriela, on pousse déjà la voiture. Ou l’art de bien commencer une journée. Je devais aller chercher Juan à 6h45. On l’appelle pour lui dire qu’il y a un changement de plan, il faut qu’IL vienne nous chercher. Oui, mais voilà : techniquement, il avait encore du temps devant lui. Du coup, il est encore sous la douche. Et il habite à 30 minutes de là. Suuuuuper.

Vous vous en doutez, à 6 heures du mat’, y’a pas grand monde dans le quartier… Après quelques minutes, je vois une voiture arriver. Je me jette littéralement au milieu de la route en faisant des grands signes. Le gars n’a pas les câbles qu’il faut, mais il me dit qu’il vient de voir un monsieur sortir de chez lui avec son chien. Je cours vers ce monsieur, qui malgré l’heure très matinale accepte de nous aider. 5 minutes plus tard, la voiture démarre enfin. Il est 6h30, on est grave à la bourre sur notre planning qui été déjà un chouilla serré. On appelle Juan : on va se rencontrer à mi-chemin.

On récupère Juan vers 7heures, et on est partis. J’ai appris à conduire vite aux USA, et à faire des miracles avec le temps. La veille, par exemple, j’ai réussi à conduire Miroslav à l’aéroport en 23 minutes, contre 35 d’habitude. Bref, je me fais confiance, je sais qu’on arrivera à temps. L’endroit du rafting, dans le State Park d’Ohiopyle, se trouve à 2heures de là. Et notre RDV est à 9heures. Plus on avale de kilomètres, plus le l’heure d’arrivée descend. J’arrive rapidement à faire en sorte qu’on arrive à 8h40, et je me détend un peu.

Pendant tout le chemin, on a pas arrêté de papoter avec Gabriela et Juan. Je découvre que ce mec est super sympa. Et fait assez bizarre : je ne le connais pas du tout, et pourtant je suis à l’aise. Une autre preuve que les USA m’ont fait grandir. A un moment, par réflexe, je regarde le temps d’arrivée. Il était à 8h40 il y a 5 minutes, et soudain il est à 9h15. HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA. Pas bon du tout. Du coup, je nous remet un coup d’accélérateur. Sur l’autoroute, c’était pas grave si j’allais vite, mais les dernières 45 minutes se sont passées sur la route. Une route qui serpentait et qui montait et descendait. Avec ma conduite sportive, Gabriela a rapidement commencé à se sentir mal. Mais comme on était toujours à la bourre, j’ai pas pu m’arrêter. On est arrivés à 8h58 au lieu de rendez-vous, un miracle. On essaye de trouver notre compagnie de rafting, et là on nous annonce que ce n’est que le magasins de souvenirs, le lieu de départ se trouve plus loin. Suuuuper. On arrive là-bas vers 9h05, on signe nos papiers, on s’habille, et on peut enfin se détendre ! A l’accueil, les gens sont tout contents de voir 3 jeunes venus du Brésil, du Venezuela, et de France.

On monte dans un bus jaune (et hop, un truc en moins dans ma liste), et après 5 minutes, on arrive au point de départ. Le gars en charge, dont j’ai oublié le nom, qu’on appelera donc Jim, est vraiment drôle. Dans le bus, par exemple, il demande “Qui n’a jamais fait ça ?”. On est plusieurs à lever la main, pensant qu’il parle du rafting. Ce à quoi il répond “C’est très simple, gardez vos pieds et vos mains à l’intérieur du bus, c’est un trajet de 5 minutes, tout va bien se passer”  :D

Arrivés aux bateaux, il nous place en fonction de la taille de nos groupes. Puis on a droit à 15 minutes d’explications sur le fonctionnement du rafting, et des notions de sécurité. Enfin, on nous assigne nos guides. On se retrouve avec une femme qui a l’air très sympa. Et coup de bol, il s’est avéré que c’était un peu la chef, c’était toujours elle qui guidait les autres bateaux (certains n’ayant pas pris de guides), et elle était très expérimentée.

Moment douloureux avant d’aller dans l’eau : il faut porter le bateau. Le chemin, qui dure environ 5 minutes, est en pente. Et notre guide veut qu’on porte le bateau sur la tête. J’ai cru que j’allais me fracturer la nuque.

On met enfin le pied à l’eau : c’est froid, très froid. Puis on commence à pagayer. S’en sont suivi 4 heures de rafting, avec une seule pause d’une heure pour manger.

Les rapides n’étaient pas transcendantes, j’ai jamais eu de guillis au ventre, mais c’était bien sympa quand même. A plusieurs moment, quand les prochains rapides étaient assez loin, on pouvait plonger dans l’eau. Je l’ai fait la première fois, on était pas nombreux. Bah j’ai compris pourquoi : l’eau était glaciale. Je suis restée une minute top chrono, puis on m’a tiré dans le bateau. La deuxième fois où je suis allée dans l’eau, c’est lorsqu’ils nous ont arrêté près d’un gros rocher depuis lequel on pouvait sauter. Le temps de retourner jusqu’au bateau à la nage, j’ai cru que mon sang se glaçait, et avant de monter à bord, on a rejoué la scène finale de Titanic avec Gabriela qui était restée dans le bateau.

On s’est arrêté pour manger à mi-parcours. Je m’attendais à un sandwich minable, et en fait, ils avaient tous les ingrédients (tomate, salade, fromage américain, moutarge, mayonnaise, peanut-butter, confiture, 3 types de jambon…), c’était à nous de faire notre propre sandwich. Avec en prime un verre de limonade ou d’eau et 3 types de biscuit. Un luxe !

Environ une heure après le départ, on a entendu de l’orage au loin. Il s’est rapproché petit à petit, et on a reçu les premières gouttes. Puis la pluie s’est intensifiée, et on s’est tapé un orage comme j’en ai rarement vu. Un vrai déluge. Notre guide nous avait affirmé qu’on aurait beaucoup plus de fun avec la pluie (du coup, on a fait la danse de la pluie dans le bateau, pour que ça arrive plus vite), et elle a eu raison. Comme on était déjà mouillés, la pluie ne nous a pas dérangé. Il pleuvait tellement qu’on voyait le niveau de la rivière monter petit à petit. Dans le bateau, on était comme des fous, à crier des “whouhou” à tout va, à taper sur le bateau avec nos rames. Un vrai moment de plaisir.

L’orage a duré un gros quart-d’heure, puis s’est terminé comme il avait commencé, d’un coup. Et après ça, le paysage s’est transformé, puisque la pluie a laissé de la brume sur son passage, c’était magnifique. On approchait une rapide dangereuse où 90% des bateaux se renversent. Du coup, comme les guides nous avaient un peu foutu la pétoche, personne ne parlait. Donc imaginez l’ambiance : sur l’eau, de la brume épaisse. Dans les bateaux, pas un bruit. Le son des rapides qui s’approche petit à petit. Et un rapace qui fait “Piiiiiiiiii” au loin. On se serait cru dans un film, on aurait dit qu’on allait à la mort. J’ai soudainement eu envie de chanter la chanson de Pirates des Caraïbes :D

Au final, on ne s’est pas renversé, on a perdu personne dans le bateau. Ce ne fut pas le cas de tout le monde ^^ On a repêché plusieurs fois des rameurs qui avaient été jetés hors de leur bateau. On en a vu plusieurs tomber de nos propres yeux (oui, enfin on en a vu, de nos propres yeux, tomber plusieurs. Ils ne tombaient pas de nos propres yeux, vous l’aurez bien compris…), et certains ont dû avoir bien mal. Souvent, ils remontés sans leur rame :-)

Vers 15 heures, on est retournés par bus au point de départ. Là-bas, on a pu voir les photos qu’on avait pris lors d’une des premières rapides. Dans notre bateau, on jouait de l’air guitare. Les photos étaient sympa, mais un peu chères. On a fini par remballer nos affaires et s’en aller, avec Gabriela et Juan.

J’ai vraiment passé un super moment. Les guides étaient tous très expérimentés et très sympas. Ils n’ont jamais hésité à se jeter à l’eau dans les rapides pour aider ceux qui étaient tombés à l’eau et étaient vraiment en danger. J’ai discuté plusieurs fois avec Jim (qui était dans un kayak, et souvent en tête, afin d’être sur les rapides le premier, se mettre sur un rocher et aider les bateaux à passer les rapides), surtout à propos de sport. Il venait de Philly, donc je l’ai charrié sur le fait que les Penguins avaient éliminés les Flyers en Play-off de la Stanley Cup. Il était sympa, drôle, et canon. Que demande le peuple. Quand on est rentrés au point de départ, les guides sont restés avec nous, à discuter et tout. Ils ne sont pas bêtement rentrés chez eux une fois le travail terminé. Et ça, c’est bien.

Sur la route, j’étais vannée. Du coup, j’ai demandé aux autres si on pouvait s’arrêter un tout petit peu pour que je fasse une micro sieste. 10 minutes plus tard, mon réveil sonne, et là ils me balancent “on est pas pressés, on peut dormir plus”. On s’est donc rendormis une demi-heure, et on est repartis, tout frais.

Arrivés à Pittsburgh, j’ai déposé Juan à sa voiture, puis Gabriela chez elle. Je suis rentrée chez moi pour récupérer mon appareil photo que je n’avais pas pris, et je suis repartie chez Gabriela. Au passage, j’ai fait développer les photos du rafting. On est ensuite allées chercher Mandy chez elle, puis on a rejoint Juan au restaurant “Outback Steakhouse”, un restaurant de viande australien. Après s’être fait exploser le ventre, on a déposé ma voiture dans le lotissement de Juan, puis on est tous partis avec sa voiture en direction de Station Square, à Pittsburgh. Là-bas, on devait faire un tour de taureau mécanique dans un bar saloon. Surprise : il y a une queue de folie. J’imaginais pas que les bars saloons avaient autant de succès ! Du coup, on s’est juste baladés dans Station Square, qui est en endroit vraiment sympa la nuit. On est restés un moment devant la fontaine où il y avait un joli petit show d’eau et de lumière. Puis on a fini par rentrer, vers minuit, complètement vannés. Le temps de reconduire tout le monde, j’étais dans mon lit à 1heure du mat’, et j’ai pas eu besoin de compter les moutons pour m’endormir !

Donc, encore une fois, j’ai passé une super journée ! Je me suis éclatée avec Gabriela et Juan. Ce dernier est vraiment sympa, et on se ressemble pas mal, on a les mêmes goûts et la même façon de penser. Il vit depuis 4 ans à Pittsburgh, mais ne s’est jamais vraiment fait d’amis. Lorsqu’on rentrait, on répétait avec Gabriela “Another Great Day!” A un moment, Juan nous a confié qu’il avait passé sa meilleure journée à Pittsburgh. Du coup, on était pas peu fières avec Gabriela. Et il m’a fait un compliment qui a dû lui coûter : il m’a dit que j’étais une “awesome driver”, qu’il avait de façon générale un avis tout fait sur la conduite des femmes, un avis franchement négatif, mais qu’avec moi c’était complètement différent. C’est pas la première fois qu’on me le dit, les enfants insistant pour que je prenne le volant même quand leur mère est dans la voiture, et la grand-mère serbe ayant fait l’effort de parler anglais pour me dire “you’re a good driver”. Bah ça fait toujours plaisir.
Bref, je suis bien contente qu’il soit venu taper la discut’ à Gabriela le 4 juillet, et que Gabriela l’ait appelé pour le rafting, parce qu’on s’entend vraiment bien. Pas de bol, je pars dans quelques jours. Pas de bol, je suis également de plus en plus proche de Gabriela. Le départ risque d’être bien plus dur que je ne l’avais prévu.

En parlant du départ, je risque d’avoir énormément de mal à partir. Je pleure tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, lorsque je pense au départ. Et comme j’ai épuisé tout le liquide larmoyant de mon corps, j’imagine que mes yeux puisent maintenant leur eau dans mon cerveau qui, essoré au possible, me file des maux de crânes de folie. Je suis devenue extra-sensible, je suis épuisée moralement, c’est pas facile à vivre. J’ignore encore comment je vais faire pour gérer mon départ, le retour à une vie forcément beaucoup moins bien que celle que j’ai ici. Que ma famille le sache : j’ai pris goûts aux activités et aux voyages que je faisais ici. Du coup, à mon retour, c’est Gorges de l’Ardèche, randonnées, visites alentours et autres activités. Mais j’aurais l’occasion d’en reparler dans un prochain article, l’un de mes derniers, celui qui fera le bilan de mon année, et les raisons pour lesquelles cette année est la meilleure de ma vie.

I really think that my head is on fire. Do you see smoke ? I’m sure there is smoke !

Dimanche dernier, avec Gabriela et Mandy, on a brunché.

Oui Madame, on est comme ça nous, on brunch le dimanche matin, comme douze millions d’autres américains. Dont onze millions à Pittsburgh.

L’idée était partie de moi. Il y a quelques semaines, alors qu’on se promenait dans Strip District avec Gabriela avant d’aller à un festival, on était passées devant un diner que j’avais trouvé super mignon. Les diners, c’est ces restos typiques qu’on trouve partout. Celui-ci était old-fashion, et m’avais l’air très chaleureux. Au détour d’une conversation avec mes host, Miroslav m’a dit que ce diner, le Pamela’s P & J, était devenu très célèbre après la venue d’Obama en Avril. Donc là déjà j’ai appris qu’Obama était à Pittsburgh en Avril et je savais pas. Puis Miroslav m’a dit qu’Obama avait brunché là-bas, et avait mangé ce qu’il qualifie de “best pancake of his life”. En fait, pas vraiment des pancakes, mais des Hotcakes. Un genre de crêpes françaises un peu épaisses et croustillantes. Il a tellement aimé que pour Memorial Day il a fait venir la cuisinière et la propriétaire du diner pour cuisiner le petit déj’ à la Maison Blanche, pour 80 vétérans, le président et sa famille. Ça en jette, nan ?

Bref, quand Miroslav m’a dit ça, je me suis dit “bah je dois essayer ça alors”! Du coup, j’ai balancé l’idée aux filles le soir du 4 Juillet, et le lendemain on partait pour notre brunch.

Arrivées là-bas à 11h30, on voit une file d’attente terrible. On balance notre nom sur la liste, et on nous annonce au moins une demi-heure d’attente. Du coup, on est allées se balader un peu dans le Strip District, puis on est revenues une demi-heure plus tard, et on a attendu dehors sous un soleil de plomb. Ma tête était brûlante et j’ai cru qu’on allait devoir appeler le 911 pour cause de crâne en feu (d’où mon titre d’article)

Vers 12h15, on finit par appeler notre groupe. Hourra ! On commande notre brunch, pour moi ça sera “juste” une assiette de hotcakes fraise-chantilly-crême fraiche-sucre roux-un million de calories par bouchées, la même chose mais avec de la banane et des noix pour Mandy, et une omelette, des hotcakes nature, du jambon et des pommes de terres en carré pour Gabriela.

Pour une raison que j’ignore, notre serveur nous a oublié, est c’est vers 12h45 qu’on reçoit notre assiette.

Les Hotcakes, c’est bon, c’est vrai. Mais ça n’a rien de transcendant. Mais comme l’a dit Divna, je suis française, la barre est haute avec les crêpes.

Le ventre plein à craquer et une furieuse envie de sieste plus tard, nous revoilà dans la voiture, direction Mount Washington. C’est de qu’on a la jolie vue sur Pittsburgh. On a prévu d’aller au ciné ensuite, mais le film ne commence pas avant 3 heures. Du coup, comme la veille, on fait les idiotes avec l’appareil photo. On écrit Pitt avec des clones de nous-même, on dessine des cœurs avec nos bras, on saute dans tous les sens, enfin, quand on arrive à être synchro avec la caméra… Un bon moment plus tard, on s’accorde pour aller à South Side, en passant par E Carson Street. C’est une rue que j’aime bien aussi, avec pleins de magasins bien sympa, un peu un genre de “South Street” à Philly pour ceux qui connaissent. Là, on s’arrête dans un magasin, le Dave’s je sais pas quoi, où on trouve pleins de CD, vinyls et DVD très pas cher, puisque d’occasion. Sans savoir comment ni pourquoi, je suis ressortie de là avec 2 DVDs. Mes parents vont péter un câble quand ils vont voir la quantité de DVD que j’ai acheté ici. Même s’ils étaient presque tous à moins de $3, ça commence à faire une petite somme quand on sait combien de DVD j’ai… Et où je vais les mettre, quand je vais devoir faire mes valises, hein ?! Et en France ?!

Je sors de là et vais attendre sur un banc avec Mandy. On fait une vidéo tellement passionnante que je vous épargne sa publication. Puis lorsque Gabriela fait son apparition, on se dirige vers South Side. On achète nos tickets pour le film “Ennemis Publics” qui passe une heure plus tard. Pour passer le temps, on va à Urban Outfitter, un magasin que je surkiffe non pas pour les vêtements qui coûtent un bras et une rolex, mais pour les objets et livres qu’ils y vendent. Les livres sont vraiment géniaux, ça va du “Chuck Norris Fact” au “What’s your poo telling you” (”qu’est-ce que votre crotte dit sur vous”), en passant par le “Poo Log” (un cahier sur lequel tu note tes remarques sur ton bronze du jour), le “All about me” (un livre dans lequel tu répond à pleiiiiins de questions) et le “F*ck my life”, la version f*ck-kinda-like-hum du VDM sur papier, sans oublier de nombreux livres sur comment améliorer votre vie sexuelle.

Et pis il y a les objets que t’as envie d’acheter même s’ils ne servent à rien. Du genre un moule à glaçons en forme de “Invaders”. Ou une télécommande pour hommes/femmes. Ou des panneaux à présenter à la fenêtre quand tu conduis (”contentes-toi de conduire”, “merci”, “je suis tellement désolé”, “honte sur toi”, etc…). Ou des petits carton à détacher et à mettre sur le pare-brise des gens qui savent pas se garer (”j’ignorais que c’était le jour national du je-laisse-mon-enfant-se-garer-pour-moi”). Ou des peignes à moustaches. Ou un téléphone hamburger. Ou une ice-luge. Ou des appareils photos “fish eye”. Ou des figurines Obama qui bougent la tête.

On a passé une heure là-dedans, et j’ai réussi à ne rien acheter. Ouf !

Puis on est allé voir le film, que j’ai trouvé bof bof. Je m’attendais à quelque chose de mieux avec Johnny Depp, Christian Balle et Marion Cotillard… Je me suis même endormie vers le milieu du film.

On devait ensuite aller dans un bar country, mais Gabriela, qui n’est plus toute jeune (je rigole, elle a 26 ans) était fatiguée. On est donc rentrées.

Des photos en vrac :

Oooh oh say can you see [...] what so proudly we hailed *

Samedi, c’était le 4 Juillet. THE big day aux Etats-Unis. Il est inutile de préciser, je pense, que les américains sont patriotiques. Très patriotiques. Ça peut en gonfler certains, mais moi je trouve ça beau.

Mes host ayant décidé de ne rien faire pour le 4 Juillet, parce que sincèrement ils s’en tapent un peu l’œil avec une patte de caïman cul-de-jatte, je ne m’étais pas laissé abattre et avais sonné le clairon afin de rallier les troupes. En gros, j’ai appelé Gabriela et Mandy, et on s’est organisé notre petite journée.

Hasard ou pas, un festival se tenait à Pittsburgh tout le week-end, du vendredi au dimanche. Donc le samedi aussi, si vous suivez bien. Du coup, on avait de quoi être bien occupées tout l’aprèm.

On a commencé par aller manger dans le Strip District, un quartier que j’aime beaucoup dans Pittsburgh, pour son mélange culturel. Tu trouves de tout au Strip District. Anyway, Gabriela avait entendu parler d’un restaurant de fruits de mer qui faisait de bons plats avec du homard. Homard ça sera, donc ! Arrivées là-bas, on n’était pas les seules à avoir eu l’idée de manger du homard pour l’Independance Day, on a donc attendu une demi-heure en bas, notre nom sur la liste d’attente, avant que la réceptionniste nous dise que si on voulait, on pouvait aller au deuxième étage, où il n’y avait pas d’attente… Heu… OK…

Avec Gabriela, on s’est laissées tenter par un espèce de sandwich au homard dans du pain italien, le tout accompagné de frites et de coleslaw. Un million de calories dans l’assiette, heureusement je ne suis pas du genre à me soucier des calories, du moment que c’est bon (c’est maaaaaal). C’était vraiment bon, et c’était le tout premier homard de ma vie (je crois). Un moment d’émotion que j’ai évidemment immortalisé en photo :D Mandy, quant à elle, a préféré prendre une pizza. Bah alors ?

On a voulu manger une glace chez le même glacier que la dernière fois, mais 4 Juillet oblige, c’était fermé. Il a fallu consoler Gabriela qui était au bord de la dépression, bavant à l’idée d’une glace depuis un bon moment. Puis on s’est rendue à Point Park, où on avait prévu de passer la plus grande partie de notre aprem-soirée. On s’est garées près du Heinz Field, le stade de football, qui se trouve de l’autre côté de la rivière comparé à Point Park. Il a donc fallu marcher un peu au milieu de la foule déjà bien présente à 14h30. Arrivées au parc, Gabriella s’est précipitée sur le premier glacier venu, et moi j’ai eu une envie de crêpe en voyant un big panneau “CREPES”. J’en salivais d’avance, et j’ai failli m’étrangler en voyant le prix : $8. J’ai pensé que c’était pour une assiette complète de crêpes, et là le gars m’a montré une assiette d’exposition : 2 pauvres crêpes qui se battent en duel avec 3 pauvres fraises ou 2 morceaux de bananes par-dessus. Et si je choisissais la confiture d’abricot, c’était une seule crêpe… Heu… Merci, mais non merci. Je me suis donc consolé avec une énorme coupe de shaved ice, de la glace pilée sur laquelle tu met des sirops aux parfums que tu veux, autant que tu veux.

On s’est assises une petite demi-heure dans l’herbe à écouter un groupe de musique reprendre pleins de chansons, des feu Beatles à feu Mickael Jackson. Puis 16heures est arrivé, ce qui voulait dire : Eating Contest Time ! (concours du plus gros mangeur). Quand j’avais vu ça sur le programme, j’ai supplié les filles d’aller y faire un tour, juste pour voir. C’est vrai quoi, plus typiquement américain, tu meurs.

Après avoir joué des coudes pendant un bon moment, on a fini par arriver au premier rang, pile au moment où un nouveau round commençait. Ils ont distribué les cuisses de poulet (qu’ils appellent Buffalo Wings ici, c’est à dire des cuisses de buffles. Heu… Un petit buffle alors… Genre un embryon de buffle) sauce barbecue, et ont lancé le départ. Et là, un truc sans nom s’est produit : un des candidats s’est transformé en l’effroyable Hulk génétiquement mélangé à Homer Simpson. Déjà, j’avais remarqué ce candidat, parce que lorsqu’il a eu les cuisses de poulet en face de lui, le coin droit de sa bouche s’est mis à trembler, et il a commencé à regarder les autres candidats avec de grands yeux de psychopathe. Il a même claqué les dents comme lorsqu’on fait semblant de manger quelque chose. Je croyais qu’il rigolait avec des amis. Mais en fait, il avait pas d’amis… Puis il a commencé à manger, me faisant penser à Gollum, avant de se lever et de continuer à manger tout en remuant de partout, soulevant les épaules dans un rythme non rythmique, déchiquetant les cuisses de poulet comme un loup affamé dévorerait un mouton cuit à point au doux soleil du pâturage. A côté, les autres candidats paraissaient sages et bien éduqués (une fois sorti du contexte du concours du plus gros mangeur. Nan parce que c’est relativement impossible d’avoir la classe dans un concours comme ça, même George Clooney n’en sortirais pas intact… Ma mère serait détruite si elle voyait Clooney avec de la sauce barbecue plein la barbe de 3 jours…)

Bref, lorsque la manche s’est finie, on a rejoint Gabriella, et on a décidé d’aller se poser un peu dans l’herbe, à quelques mètres de la rivière, parce qu’on en avait déjà plein les pattes. Puis vers 18heures, Mandy et moi décidons d’aller faire un tour dans une rue à une dizaine de minutes de là parce qu’il était écrit sur le programme qu’il y avait une voiture de simulation de tonneau lors d’un crash. Sur le chemin, on a vu un stand qui distribuait gratuitement des glaces vanille chocolat, donc on en a pris, puis un stand qui permettait de faire des photos en photomaton gratuitement, avec une super qualité, donc on en a fait. Par la suite, le seul truc de simulation qu’on a trouvé c’était une barque en face de laquelle un écran de montrait un lac tout calme… On jouera notre joker sur celui-là.

En revenant, on est allées se chercher à manger, et j’ai pu essayer mon premier corn-dog. C’est une saucisse entourée de je-ne-sais quelle substance, mais c’est pas mauvais. Et très américain. Entre temps, Gabriella, qui était restée assise tout le long, avait fait la connaissance d’un gars du Vénézuela qui vit à Pittsburgh, et qui a passé le reste de la soirée avec nous alors que ses amis, ou peut-être son frère et sa copine, je sais pas trop, étaient juste à côté. Gabriella avait un ticket, et elle a rien vu.

Le fait que Gabriela soit restée à notre emplacement tout le temps nous a permis d’avoir une super vue sur la rivière, où se déroulait une course de power boat, ainsi que sur la berge où se déroulerait plus tard une démonstration de moto freestyle et un concert de l’US Army. Petit bonus : on était vraiment tout prêt de la station de lancement des feux d’artifice. Mais parlons de tout ça dans l’ordre, si vous voulez bien.

Nous avons donc assisté à une course de Power Boat. Mais Kézako, que vous allez me dire. Ce sont de petits bateaux très rapide, genre jet-ski muni d’une coque, et les concurrents doivent faire une trentaine de tours. Je sais, ça parait aussi passionnant qu’un championnat mondial de Scrabble catégorie plus de 90 ans, mais en fait, c’est devenu assez intéressant vers la fin. En effet, pendant la moitié du dernier round, un bateau, le numéro 7, menait la course. D’une bonne demi-longueur. Et pis d’un coup, sans que tu ne sache comment, le boat n°34 est passé, petit à petit, de la 6ème place à la première. Plus il avançait vers la tête du peloton, plus les gens le soutenaient, alors que jusqu’à présent personne n’avait de favoris. Lorsqu’il est passé 2ème, c’était la folie, et quand il a dépassé le n°7 et a laissé tout le monde sur le carreau pour finir la course en très nette pôle position, c’était l’euphorie.
Quant au commentateur, il était absolument génialissime, très drôle, avec de sacré bonnes répliques, il a réussi à faire rire des milliers de personnes avec des phrases telles que “Cette fin de course est terrible, qu’on aille me chercher un pacemaker”. Bon, je sais, c’est pas drôle là, mais dans le feu de l’action, ça l’était. Et quand le public avait un petit coup de mou, il faisait crier et applaudir les deux berges (celle où on était, North Shore, et celle de l’autre coté, Point Park) afin de comparer la plus vivante des deux. Un vrai show-man.

Quand la course s’est finie, avec une demi-heure de retard, le show de moto freestyle a pu commencer. J’ai été bluffée du début à la fin par les pirouettes que faisaient les gars, alors qu’ils étaient en plein air, entre un tremplin et la “piste d’atterissage”. Ils étaient à 1,50mètres de la rivière, 2mètres du public, et ils nous balançaient des 360, des vrilles, des je-me-met-debout-sur-le-guidon-et-c’est-normal, des quand-je-veux-je-te-fais-le-poirier-sur-ma-moto, et autres I-believe-I-can-fly… Et moi j’étais wow.

Puis le concert de l’US Army a commencé. De l’autre côté de la rivière, à Point Park, il y avait un groupe de rock mythique il parait, les Three Dog Night. Mais par pure flemme, on a décidé que l’US Army serait mieux, et on a eu bien raison ! Ils ont commencé, bien entendu, par l’hymne national, et tout le monde s’est levé et a chanté avec eux. Puis, alors qu’on s’attendait à ce qu’ils chantent des trucs barbant, ils ont chanté “Africa” de Toto, qui est une chanson que j’adore. Là, ils ont gagné mon attention. Et ils ont continué avec des passages de chansons d’Abba utilisées dans le film “Mamma Mia”. Avec Gabriella, on chantait avec eux, comme des enfants, on s’éclatait vraiment. J’avais sorti les “glow sticks“, ces trucs qui brillent dans le noir quand tu les craque, et on s’éclatait avec. Le groupe de jeunes à côté de nous était amusé. Puis ils ont chanté des morceaux de l’Opéra “Carmen” de Bizet, avant de finir avec les chansons de chaque régiment américain, en demandant à ce que les personnes ayant été dans ce régiment, ou leurs proches, se lèvent et chantent avec eux. On dira ce qu’on voudra sur la guerre et tout et tout, mais voir des vétérans émus se lever, enlever leur casquette, poser leur main sur le cœur tout en chantant leur hymne sous les applaudissements des spectateurs, c’est beau, émouvant. Les américains aiment leurs vétérans et les respectent. En France, on s’en tape un peu l’œil avec une patte de kiwi antillais.

Puis THE moment que j’attendais a commencé. Ils ont éteint les lumières, tout le monde s’est tût, et on a entendu dans les haut-parleurs des extraits de discours d’hommes important dans l’histoire des USA. Et alors que le Star Spangled Banner commençait, un feu d’artifice rouge, blanc et bleu a fait son apparition. Et à ce moment là, j’ai pensé “Punaise, je veux pas partir, je peux pas quitter ce pays, je peux pas, je peux pas. Elle est ici la vie que j’aime”. Et les larmes ont coulé, doucement, sans que personne ne s’en aperçoive. Le feu d’artifice a continué pendant une demi-heure, me donnant des frissons tellement c’était beau. Il y avait de la musique, de vieux morceaux comme des récents, et des genres de feux d’artifice que je n’avais jamais vu. Le créateur a gagné le premier prix national au Canada l’an dernier. Par moment, on entendait encore des extraits de discours, parlant de liberté en grande majorité. C’était de loin le plus beau feu d’artifice que j’ai jamais vu. Je pensais que c’était à cause de la valeur sentimentale de la chose, mais j’ai appris le lendemain que les D. étaient allé voir ce feu d’artifice aussi, finalement, et que Miroslav n’avait jamais vu d’aussi beau feu d’artifice non plus.

Quand ça s’est terminé, la foule a commencé à se diriger vers les parkings. Avec les filles, on a préféré attendre sur l’herbe en face de la rivière plutôt que d’être coincée dans les embouteillages. Mandy a décidé de prendre une dernière photo de nous, et je lui ai conseillé de ne pas mettre le flash. Elle était sceptique, mais a suivi mon conseil. Avec la légère lumière ambiante et les glow-stick autour de la tête, les photos rendaient super bien, même si elles étaient floues. Du coup, au lieu d’une photo vite-fait, on est parties dans un délire de plus d’une heure, à se photographier sous tous les angles. Et comme je suis une fille généreuse, je vous met chacune des photos ici-même.

Ha bah oui, j’avais dit CHACUNE des photos…

Après ce super moment, on a décidé qu’il était temps de rentrer, après une journée absolument géniale, même si on n’avait rien fait de spécial. Gabriela a voulu s’arrêter aux toilettes, et là, par un enchainement d’événements, on s’est retrouvé à parler à une femme qui a décidé que Mandy, qui veut étendre dans une nouvelle famille, serait son aupair. Et une fille s’est également pointée, nous a balancé un “vous êtes célibataires?”, puis a essayé de nous caser avec son pote qui était…heu… pas à mon goût…

On a fini par rentrer vers minuit et demi, j’avais des étoiles pleins les yeux et un sourire jusqu’aux oreilles. Comme dit plus tôt, j’ai passé une des meilleures journées, ou en tout cas soirées, de mon année, sans rien faire de spécial. Mais j’étais juste avec deux copines, on a oublié qu’on étaient au pairs, on est devenu de vrais enfants, mais pas des gamines. On s’amusait simplement, on regardait le feu d’artifice avec des yeux ronds comme des queues de pelles boules de billard, on chantait, on riait, on profitait tout simplement. De loin le meilleur 4 Juillet de ma vie (oui, alors je vous entend déjà dire que c’était aussi le premier. Ce à quoi je vous dirais ceci : dans votre monde à vous, on passe du 3 au 5 juillet ? Non ? Bah alors, vous aussi vous avez vécu des tas de 4 juillet… )

Comme d’hab’, des photos vraiment intéressantes en vrac :

* Oooh oh dis, peux-tu voir [...] ce que nous avons si fièrement salué? (texte de l’hymne américain)

Ha mince, loupé ! Encore loupé ! Roh, encore à côté ! Striiiiike !

Bien bien bien… Le match de baseball… Par où commencer…

J’étais très excitée à l’idée d’aller voir mon premier match de baseball, les Pirates de Pittsburgh contre les Cubs de Chicago. Attendez, c’est l’un des sports les plus anciens des Etats-Unis, et supposément le préféré des Ricains (oui, supposément, parce que d’après mon vécu, le football est bien plus important, en tout cas à Pittsburgh. Mais bon, c’est sans doute parce que les Pirates puent du bec)

Donc j’avais acheté mon T-Shirt “Pittsburgh Pirates” et j’avais emprunté la casquette d’un des gamins, en faisant passer ma queue de cheval dans le trou derrière. J’avais l’allure d’une vraie supportrice, à défaut d’avoir l’expérience.

J’avais pris soin de lire les règles avant de partir, mais bon, j’aurais tout aussi bien pu m’en passer…

On est arrivés assez tôt au stade parce que Pavle et Maksim étaient attendus avec les Boyscouts. En effet, on était là avec les Scout-toujours-prêts qui devaient défiler sur le terrain. Fière, fière.

Quand on s’est installé dans les gradins, la première chose que je me suis dite, c’est “Wha, on a une vue sympa sur Pittsburgh d’ici !”. Puis les Girls scouts et les Boy Scouts sont entrés, se sont dirigés au milieu du terrain, les filles ont chanté l’hymne national pendant que les garçons faisaient le salut Scout. Pavle est passé sur le grand écran, et moi j’ai bombardé de photos. Vous vous rendez compte, ceux qui regardaient le match à la télé ont vu Pavle faire le salut Scout en plein milieu du PNC Park ! Ouais, je sais, vous vous en taper l’œil avec une patte de dindon éthiopien…

Pendant ce temps, les joueurs s’entrainaient, s’échauffer, et certains faisaient des trucs cochons.

Avant de vous raconter le match, voici les règles simples du baseball :

Un gars, au milieu du terrain, le Pitcher, doit envoyer les balles au Batteur. Il doit envoyer la balle dans un cadre imaginaire, qui est grosso modo délimité, en hauteur, par la distance entre les genoux et les épaules du batteur, et en largeur par la taille de la “home plate” (l’endroit où se trouvent le batteur, le gars accroupi avec son casque et l’arbitre, à la pointe du “triangle”). Si la balle est en dehors du cadre, il y a faute, on dit “ball”. Au bout de 4 “balls”, si je me souviens bien, les équipes changent de rôle. Ou pas, je sais plus.
Si la balle est bonne mais que le Batteur la manque, alors il y a “strike”. Au bout de 4 strikes, on change de batteur, et l’équipe perd ainsi une opportunité d’avancer sur les bases. Il y a, je crois, 5 batteurs consécutifs dans une même équipe, et puis on inverse.
Le but est donc de retourner à la “home plate” (HP) en passant par les trois bases précédentes, qui forment un carré (avec la HP bien sûr, parce que 3 points ne peuvent pas former un carré voyons!). Mais c’est pas aussi facile que ça en a l’air!
Si le batteur réussi (enfin!) a renvoyer la balle, il court vers la première base (et si un joueur était sur la première base, il court vers la deuxième, etc…). Mais là, il a deux possibilités de se faire griller : soit un joueur de l’équipe adverse parvient à attraper la balle en plein vol et donc le tour s’arrête là, le batteur peut retourner sur son banc, soit personne n’attrape la balle en vol, et dans ce cas un joueur la récupère au sol, et l’envoi à un autre joueur dont la base est en danger, avant que le batteur n’atteigne cette base. Par exemple, le batteur s’appelle A, le gars qui attend gentiment sur la première base s’appelle B, et le gars qui récupère la balle sur le terrain s’appelle C. B et C sont dans la même équipe. A parvient à renvoyer la balle, il court vers la base où se trouve B, pendant ce temps C attrape la balle qui est sur le terrain, il l’a renvoi à B. Si B attrape la balle avant que A n’arrive sur la base, A est hors-circuit. Si A arrive en premier, il attend sur cette base qu’un autre batteur renvoi la balle, et il est tout content parce qu’il a fait 3 mètres.
Si un joueur parvient à retourner jusqu’à la HP, on dit qu’il y a “run”, et l’équipe remporte donc un point. Il y a de nombreux points comptés pendant le match, mais seuls les “run” comptent à la fin, pour le score final.

Vous avez compris ? Si oui, je vous félicite, parce que je me suis perdue dans mes explications…

Le jeu a commencé sans même que je m’en rende compte. Une balle de lancée, le batteur la manque. La deuxième, il la manque. La troisième n’est pas bonne. La quatrième non plus. Le batteur manque la cinquième. Encore une et t’es out. Ha bah t’es out… On passe au batteur suivant. Il manque la première balle, la deuxième n’est pas bonne, il manque la troisième, et finalement arrive à toucher la quatrième. Alleluja, il se met à courir, mais un des joueurs sur la troisième base attrape la balle en plein vol, donc t’as couru pour rien mon grand…

On a également eu droit à un batteur qui était sûrement là de passage, parce que, oui, il a touché quasiment toutes les balles, mais il les a aussi toutes envoyées soit à la verticale dans un axe parfait, soit derrière lui, pour le plus grand plaisir du public qui a reçu une balle.

Quand on jouait au baseball avec les enfants, je pensais que j’étais vraiment moisie avec une batte dans les mains, parce que je n’arrivais à toucher qu’une balle sur 6. Mais en fait, ce match m’a gravement remonté le moral, parce qu’il n’y a pas que moi qui suis nulle. Même les joueurs pros manquent la plupart des balles… Ce qui fait que le jeu est rapidement ennuyant. Tu attends désespérément qu’un joueur parvienne à renvoyer la balle (devant lui si possible), puis tu les vois courir, pour finalement te rendre compte qu’un autre joueur a attrapé la balle en plein vol et que donc faut tout recommencer… Par moments, je regardais les pubs etc… sur l’écran géant, et j’oubliais carrément qu’on était en plein milieu d’un match. Et d’un coup, les gens criaient un peu, et je me rappelais pourquoi j’étais là…

Et comme si ce sport ne semblait pas assez venu d’une autre dimension, j’ai vu arriver 4 Perogies montés sur pattes, avec des nez, des yeux et des casquettes, pour la fameuse “Perogies race”. Ils ont couru, et pis c’est tout. Heu, keskisépassé là ?

Bref, le match s’est fini (sans que je m’en rende compte, complètement paumée) avec une victoire écrasante des Pirates sur les Cubs, 3-0 (ce qui veut donc dire 3 “run” pour Pittsburgh, zéro pour Chicago), et c’est tellement rare que les Pirates gagnent qu’on a même eu un feu d’artifice à la fin.

En repartant, Maksim sautait de partout, à grands renforts de “On a gagné, on a gagné !!!”, et moi ça me faisait ni chaud ni froid. J’aurais étais plus réactive si on m’avait appris que le bébé du cousin de la voisine des amis de Maksim venait de faire sa première dent… Donc une chose est certaine, je ne retournerais pas voir de match de baseball, parce que je me suis vraiment ennuyée. Et j’avais personne à qui parler, puisqu’à part Pavle, Maksim et Danilo, un des invités, il n’y avait que Miroslav, qui lui avait l’air passionné par le jeu. Mais bon, au moins maintenant je sais ce que c’est, je peux dire que j’y étais, et pis voilà.

RAH PUNAISE, ça m’énerve, j’avais dit que je ferais un truc rapide, et résultat j’ai passé plus d’une heure dessus. Maintenant, il est 23H53, et si je commence un film, je vais finir super tard. Mais je peux pas aller me coucher sans un film. Je me gonfle parfois, grrrrr….


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